PVT : démarches admin côté France avant de partir
Le visa est validé, les billets sont réservés — et pourtant, la moitié du travail se passe encore en France. Sécurité sociale, impôts, CPAM, CAF, mutuelle, bail, compte bancaire : chaque poste administratif a sa propre logique quand tu changes de pays de résidence. Mal géré, ça peut coûter cher au retour : rappel de cotisations, impôts à régulariser, ou compte bancaire figé depuis l'autre bout du monde. Ce guide passe en revue les démarches à faire — ou à décider consciemment de ne pas faire — avant de partir en PVT au Canada, en Australie ou en Nouvelle-Zélande. Certains points dépendent de ta situation personnelle (revenus, employeur, type de bail) ; quand c'est le cas, on le précise.
Sécurité sociale (PUMa) : tes droits s'arrêtent avec ta résidence
La Protection Universelle Maladie (PUMa) couvre les frais de santé de toute personne qui réside en France de manière stable et régulière. Le critère clé est la résidence : l'Assurance Maladie considère que tu dois être présent en France au moins six mois sur douze pour conserver tes droits. Dès que tu pars en PVT — et que tu n'es donc plus résident stable en France — ta couverture PUMa s'éteint de fait. L'Assurance Maladie effectue des contrôles aléatoires et peut demander le remboursement des soins pris en charge après ton départ si ta situation n'a pas été déclarée.
Tu as l'obligation de signaler ton départ à ta CPAM. Le moyen le plus simple est d'utiliser la messagerie de ton compte ameli.fr ou de remplir le formulaire S1105 « Déclaration de transfert de résidence hors de France ». Fais-le dans le mois suivant ton départ. Ta carte Vitale reste physiquement en ta possession, mais elle n'est plus active pour les remboursements une fois tes droits fermés — inutile donc de l'emporter en pensant qu'elle servira à l'étranger.
- Déclare ton départ à ta CPAM via ameli.fr (messagerie) ou formulaire S1105, dans le mois suivant le départ
- La PUMa exige une résidence stable en France (≥ 6 mois / an) — un PVT de 12 à 24 mois y met fin
- La carte Vitale devient inactive pour les remboursements après clôture des droits
- Ne compte pas sur la PUMa pour te couvrir à l'étranger : elle ne fonctionne pas hors de France
CFE ou assurance PVT privée : laquelle choisir ?
Une fois la PUMa fermée, deux grandes options s'offrent à toi pour te couvrir : la CFE (Caisse des Français de l'Étranger) ou une assurance PVT privée. Les deux ont des logiques très différentes.
La CFE est un organisme de droit privé chargé d'une mission de service public. Elle propose aux Français expatriés une couverture santé calquée sur le régime général français — remboursements, cotisation retraite, etc. Son avantage principal : la continuité de droits à la Sécurité sociale française. Elle est particulièrement adaptée aux personnes qui ont des soins réguliers ou qui veulent maintenir leur couverture retraite. En revanche, ses cotisations sont plus élevées qu'une assurance PVT de base, et elle ne dispense pas forcément de l'assurance exigée par le visa.
Les assurances PVT privées (comme Chapka, AVA, Mondassur et autres) sont conçues spécifiquement pour les pvtistes. Elles couvrent soins courants, hospitalisation, rapatriement, et répondent généralement aux exigences des ambassades pour l'obtention du visa. Elles sont souvent moins chères que la CFE pour un jeune en bonne santé sur 12 à 24 mois. Important : le visa PVT exige dans tous les cas une assurance valable pour toute la durée du séjour. Vérifie que ta couverture est conforme avant de déposer ta demande de visa.
Note : certains pvtistes partent avec une assurance privée et s'affilient à la CFE plus tard s'ils s'installent durablement. Les deux ne sont pas mutuellement exclusifs — mais pour un premier PVT, l'assurance privée dédiée est la solution la plus courante.
- CFE : continuité de droits Sécu française, cotisation retraite possible, mais cotisations plus élevées
- Assurance PVT privée : conçue pour les pvtistes, couvre le visa, généralement moins chère pour un séjour de 1 à 2 ans
- Le visa PVT exige une assurance couvrant l'intégralité du séjour — à vérifier impérativement avant le dépôt du dossier
- Pour faire le calcul : compare les cotisations CFE avec les primes des assureurs PVT selon ta destination et ta durée
Impôts : déclarer l'année de départ et devenir non-résident fiscal
Changer de résidence fiscale, ce n'est pas automatique : tu dois en informer le fisc. Dès que tu t'établis durablement à l'étranger (ce qui est le cas pour un PVT de 12 mois ou plus), tu deviens non-résident fiscal de France au sens de l'article 4 B du CGI. En pratique, tu n'es plus imposable en France sur tes revenus étrangers, mais tu restes imposable sur tes éventuels revenus de source française (loyer perçu en France, par exemple).
L'année du départ, tu dois déposer une déclaration de revenus classique (formulaire 2042) pour les revenus perçus du 1er janvier jusqu'à la date de ton départ. Coche la case « départ à l'étranger » et indique la date d'installation à l'étranger. Si tu perçois ensuite des revenus de source française après ton départ, il faudra aussi compléter le formulaire 2047. Le Centre des Finances Publiques dont tu relevais reste compétent pour l'année de départ ; à partir de l'année suivante, c'est le Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (SIPNR) qui devient ton interlocuteur. Les informations pratiques se trouvent sur la page « Je pars à l'étranger » d'impots.gouv.fr.
Si tu pars en cours d'année, ton taux d'imposition peut être différent selon la proportion de tes revenus français. Certaines conventions fiscales entre la France et ton pays de destination (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande) régissent spécifiquement l'imposition des salaires gagnés là-bas : tu n'auras en général pas à les déclarer en France, mais les règles varient. En cas de doute, consulte un comptable ou le SIPNR.
- Déclare ton départ sur impots.gouv.fr — rubrique « Je pars à l'étranger »
- Dépose une déclaration 2042 pour les revenus du 1er janv. jusqu'à ta date de départ
- Coche « départ à l'étranger » et indique la date d'installation hors de France
- Après le départ, le SIPNR (Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents) devient ton centre fiscal
- Les revenus gagnés à l'étranger ne sont généralement pas imposables en France si tu es non-résident fiscal — mais vérifie la convention fiscale applicable
Compte bancaire français : statut non-résident et frais à prévoir
Contrairement au Japon, la France ne t'oblige pas à fermer ton compte bancaire quand tu pars à l'étranger. Tu peux tout à fait le conserver. Cela dit, tu as l'obligation légale d'informer ta banque de ton changement de statut fiscal (passage en non-résident) : ne pas le faire peut entraîner des complications fiscales, et certaines banques le découvrent d'elles-mêmes via les échanges automatiques d'informations fiscales.
La plupart des banques traditionnelles (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, etc.) maintiennent les comptes des non-résidents, mais appliquent souvent des frais supplémentaires : frais de gestion mensuels plus élevés, commissions sur les virements internationaux, frais de change sur les paiements en devise étrangère. Certaines banques en ligne françaises (Boursorama, Hello bank…) ont des politiques moins accommodantes pour les non-résidents — vérифie les conditions générales avant de partir. Le conseil pratique : garde un compte français actif pour recevoir des éventuels remboursements (impôts, CAF), prélever tes abonnements restants, et permettre à tes proches de te faire des virements. Mais pour tes dépenses quotidiennes à l'étranger, un compte multi-devises évite les frais de change à répétition.
- Informe ta banque de ton départ et de ton changement de statut (non-résident) — obligatoire légalement
- La plupart des banques traditionnelles conservent le compte, avec parfois des frais supplémentaires
- Vérifie les CGU de ta banque en ligne française : certaines bloquent l'accès aux non-résidents
- Garde un compte français actif pour les remboursements, prélèvements et virements depuis la France
- Pour les dépenses en destination, un compte multi-devises sans frais de change est bien plus pratique
Le reste de la check-list : mutuelle, CAF, logement
Mutuelle complémentaire : si tu as une mutuelle individuelle (hors mutuelle d'entreprise), tu peux la résilier avant ton départ en invoquant le motif « changement de domicile / départ à l'étranger » (article L113-16 du Code des Assurances). Envoie une lettre recommandée avec AR en joignant la copie de ton billet aller et de ton visa PVT. La résiliation prend effet un mois après réception. Pour une mutuelle d'entreprise, parle-en à ton employeur — si tu démissionnes, elle cesse à la date de fin de contrat.
CAF : si tu bénéficies d'une aide au logement (APL, ALF…), déclare ton départ sur caf.fr dès que tu remets les clés à ton propriétaire. Les aides s'arrêtent à la date de libération du logement ; ne pas déclarer le changement peut entraîner un trop-perçu à rembourser.
Logement : le préavis légal pour un logement vide est de trois mois (un mois en zone tendue). Pour un meublé, c'est un mois. Tu peux le réduire en accord avec ton propriétaire. Pense à donner ton préavis bien en avance — idéalement dès que ton visa est validé — pour éviter de payer un loyer inutile.
Abonnements et domiciliation : résilie ou mets en pause tes abonnements (téléphone, streaming, salle de sport…). Si tu as besoin d'une adresse postale en France, un proche peut jouer le rôle de domiciliation pour recevoir ton courrier officiel.
- Mutuelle : résiliation pour « départ à l'étranger » (Art. L113-16) — LRAR avec billet + copie PVT, effet à 1 mois
- CAF : déclare le départ sur caf.fr dès la remise des clés pour éviter un trop-perçu
- Bail : préavis 3 mois (vide) ou 1 mois (meublé / zone tendue) — donne-le dès la validation du visa
- Domiciliation : un proche peut recevoir ton courrier officiel pendant ton absence
- Résilie ou mets en pause les abonnements inutiles (téléphone FR, streaming, etc.)
Comment Tern aide
Tern est un compte multi-devises conçu pour les pvtistes et les travailleurs en mobilité internationale — ouverture depuis ton téléphone avant même de prendre l'avion (inscription en pré-lancement ouverte). Ton IBAN ou numéro de compte est disponible avant l'atterrissage, ce qui te permet de le communiquer à ton employeur dès le premier jour sans attendre un compte local. Les conversions se font au taux interbancaire, sans marge cachée, et les retraits aux distributeurs locaux sont sans frais supplémentaires. Pendant que ton compte bancaire français sert à gérer tes affaires côté France, Tern prend en charge tes dépenses quotidiennes à l'étranger — sans que chaque paiement ne te coûte en frais de change.
Est-ce que je suis obligé(e) de résilier mon contrat avec la Sécu avant de partir en PVT ?+
Tu n'as pas à « résilier » la Sécurité sociale, mais tu dois déclarer ton départ à ta CPAM — via ameli.fr ou le formulaire S1105 — dans le mois suivant ton départ. Tes droits PUMa se ferment automatiquement dès que tu ne remplis plus la condition de résidence stable en France (présence au moins 6 mois par an). Si tu oublies de déclarer, la CPAM peut contrôler ta situation et réclamer le remboursement de soins pris en charge après ton départ réel.
Vaut-il mieux la CFE ou une assurance PVT privée ?+
Pour un premier PVT de 12 à 24 mois, la majorité des pvtistes optent pour une assurance privée dédiée (Chapka, AVA, etc.) : moins chère, pensée pour le visa, et suffisante pour un séjour en bonne santé. La CFE est plus pertinente si tu as des soins réguliers, si tu veux maintenir tes droits à la retraite française, ou si tu envisages de t'expatrier longtemps. Dans tous les cas, vérifie que ta couverture est valable pour toute la durée du visa — c'est une condition d'obtention du PVT.
Est-ce que je dois faire une déclaration de revenus en France l'année de mon départ ?+
Oui. Tu déclares les revenus perçus du 1er janvier jusqu'à ta date de départ sur le formulaire 2042, en cochant la case « départ à l'étranger ». Les revenus gagnés à l'étranger après ton départ ne sont en général pas imposables en France si tu es devenu(e) non-résident fiscal — mais cela dépend de la convention fiscale entre la France et ton pays de destination. La page « Je pars à l'étranger » d'impots.gouv.fr détaille la marche à suivre.
Pars l'esprit tranquille
Tern est la néobanque pensée pour le PVT — rejoins la liste d'attente.
Rejoindre la liste d'attenteSources
- ameli.fr — La protection universelle maladie (PUMa)
- ameli.fr — Travailleur expatrié à l'étranger
- impots.gouv.fr — Je pars vivre à l'étranger : quelles démarches ?
- impots.gouv.fr — Non-résident de France
- CFE — La Sécurité sociale des Français de l'Étranger
- service-public.fr — Impôt sur le revenu d'un Français qui part vivre à l'étranger
Ce guide est une information générale, pas un conseil financier ou migratoire. Les règles et les chiffres évoluent — vérifie toujours les sources officielles ci-dessus.